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Sans titre croix   Templiers et Hospitaliers à Montpellier Stsystjeanjerusa

Fresque templiers

Non, la présence des moines-soldats dans notre ville n’est pas une légende ! Ce qui l’est, c’est le Baphomet, idole diabolique prétendument adorée par les Templiers de Montpellier dans leur monastère !

Montpel puits du templeMontpel porte cimetiere hospitaliersLes vestiges templiers et hospitaliers à Montpellier sont rares. En 1145, c’est en faveur des Hospitaliers qu’ont lieu les premières donations sans que l’on puisse établir l’existence d’une véritable commanderie à cette époque. En 1145 donc, Raymond, évêque de Maguelone, confirme les donations à Montpellier en faveur de Frère Aymé, Grand Prieur de Saint-Gilles, pour « la Maison de l’Hôpital ». Cependant, en 1185, un Pierre d’Alérac est mentionné dans les actes comme Commandeur de Montpellier. Puis, en 1203, l’évêque et le chapitre de Maguelone donnent aux Hospitaliers l’autorisation de construire une église et un cimetière dans l’île du Petit-Saint-Jean ; le cimetière, qui était celui des pauvres, reçut des inhumations jusqu’en 1677, date à laquelle il était devenu inutilisable pour cause d’encombrement. Il en reste un enclos et une porte gothique rue du Plan d’Agde (en contrebas de l’église Saint-Roch) ; les travaux qui ont lieu dans ce quartier depuis le XIXème s. mettent fréquemment au jour des sépultures. A proximité, le puits dit « des Templiers » (rue Puits-du-Temple) est en réalité hospitalier.

L’abside romane de la chapelle des Hospitaliers existe toujours mais elle est englobée dans un immeuble moderne et donc inaccessible Depuis quelques années des plaques commémoratives, apposés par les soins des services municipaux, rappellent désormais aux passants l’existence ici d’un enclos des Hospitaliers avec ses trois éléments : l’ancien cimetière, le puits, la chapelle (on espère que cette dernière pourra un jour être rendue, sinon à son état initial, du moins à la vue des Montpelliérains) : les Amis du Vieux Montpellier œuvrent dans ce sens.

Précisons cependant que les Chevaliers de Saint-Jean n’eurent jamais à Montpellier un hôpital à proprement parler ; " ils se bornaient à pratiquer la charité et peut-être à soigner des malades à domicile " (1) Quant aux Templiers, ils furent installés par Guilhem VI en 1128 : à cette date, le seigneur de Montpellier fit construire pour eux une grande maison hors les murs, près de la porte de la Saunerie, et une église que Gautier, évêque de Maguelone, consacra en 1129 sous le vocable de Notre Dame de Lèzes (à l’emplacement probable ou à proximité de l’église Saint-Denis actuelle). En 1145, le seigneur et sa femme Sibille vendirent au Commandeur du Temple le moulin de Navitau dont nous avons déjà parlé (2) Les relations entre les Templiers et les seigneurs de Montpellier étaient privilégiés. Les fils des seigneurs étaient élevés par les chevaliers du Temple ; exemple : Guidon, troisième fils de Guilhem VII, ou encore Jacques le Conquérant, fils de Marie de Montpellier et de Pierre II d’Aragon, qui, après la Croisade contre les Albigeois, fut élevé par les moines-chevaliers dans leur austère forteresse de Monzon, en Aragon : elle se dresse toujours fièrement sur son éperon rocheux, défiant les siècles.

En 1204, le contrat de mariage entre Pierre II et Marie avait été rédigé dans la Maison du Temple. Par ailleurs, celle-ci reçut le pape Clément V en 1307, peu avant la disgrâce de l’Ordre. Par contre, en 1162, c’étaient les Hospitaliers qui avaient fourni un navire au pape Alexandre III en difficulté face à L’empereur Frédéric 1er.

 

De même que les Hospitaliers, les Templiers possédaient un cimetière près de leur Maison et Raymond Gaucelm, seigneur de Lunel, s’y était fait inhumer au XIIe s. Il n’est pas interdit de penser que le cimetière qui subsistait encore à la Révolution derrière l’église Saint-Denis (et qui fut vendu comme bien national) était sur le même emplacement que celui des Templiers.

L’ensemble des possessions de l’Ordre revint aux Hospitaliers en 1313, après le procès des Templiers. L’ancienne Maison du Temple garda son rôle important puisque tous les prieurs de Saint-Gilles en firent leur résidence en même temps que le lieu de tous leurs chapitres provinciaux.

Après les destructions dues aux Guerres de Religion, les Hospitaliers se replièrent sur le Petit-Saint-Jean, dont ils restaurèrent la chapelle en 1600, puis encore en 1621 après de nouveaux dégâts occasionnés par les protestants. Le cimetière, utilisé jusque dans la seconde moitié du XVIIe siècle, fut abandonné et sombra dans l’oubli, jusqu’à ces dernières années où, à l’occasion de travaux, des ossements furent mis au jour … le médecin-général Dulieu, spécialiste de l’histoire de la Médecine à Montpellier, et nous-mêmes, dûmes rafraîchir la mémoire de nos oublieux concitoyens !

 

A la veille de la Révolution, les biens des Hospitaliers (Ordre de Malte) étaient considérables, s’étendant jusqu’à Brissac au Nord, Lunel-Viel à l’Est et la mer au Sud. Accessible au public, un grand plan géométrique de 1750, l’Atlas du Grand Saint Jean, est conservé aux Archives Départementales de l’Hérault : allez le voir, c’est un magnifique document !

 

(1) Edouard Tuffery, L’Ordre de Malte à Montpellier sous l’Ancien Régime, thèse de doctorat en droit, Montpellier, ed. Renex, 326 p.

(2) Voir Castelnau-le-Lez

                                                                                 Sans titre croix

 

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