Les châteaux des Guilhem de Montpellier

1 – MONTPELLIER

De la motte féodale primitive au puissant château-fort du XIIe siècle, la résidence des Guilhem de Montpellier a changé d’emplacement, au gré de l’expansion de la ville elle-même.

Au cours du XIXe siècle, des travaux de voirie du XIXe siècle effectués aux abords de l’église Sainte-Anne pour élargir les rues avaient déjà permis de retrouver l’emplacement du cimetière Saint-Firmin. Plus récemment, les recherches de l’architecte Krysztof Pawlowski ont abouti à identifier clairement le point de départ du fief de Montpellier : celui-là même qui fut donné en fief au premier des Guilhem par le comte de Mauguio, le plus grand féodal de la contrée, et sa femme Sénégonde, en 985. La motte féodale existe donc bien, rue Rebuffy, malgré les travaux d’élargissement de la rue qui l’ont notablement altérée.

Motte feodale rue rebuffy

On peut imaginer, en toute vraisemblance, qu’une tour de bois dut être édifiée au sommet de la motte. Elle était flanquée d’une chapelle dédiée à saint Firmin, d’un cimetière, et probablement aussi, à proximité, d’un marché que C. Pawlowski situe au Plan Duché.

Malgré le développement rapide de la ville de Montpellier dès ses origines, Saint-Firmin devait rester longtemps LA paroisse de Montpellier dont tous les autres lieux de culte dépendaient, y compris Notre-Dame-des-Tables. C’était aussi sous ses voûtes que se tenaient les réunions importantes de l’Université.

Le second château se situait au début de l’actuelle rue de l’Aiguillerie et comprenait une chapelle dédiée à saint Nicolas. L’auteur de ces lignes se rappelle, étant alors guide-conférencière de la CNMHS, avoir pénétré jusqu’au fond d’une boutique installée sous des voutes superbes : celles-ci seraient le seul vestige encore visible de la chapelle.

Y eut-il un troisième château au fond de l’actuelle rue Castel-Moton ? Ce n’est pas sûr. Seuls des travaux importants pourraient en permettre, peut-être, d’en retrouver un jour la trace.

Le château de la place de la Canourgue, au contraire, est encore bien présent malgré les multiples transformations qui l’ont affectée au fil du temps, en particulier au XVIIe siècle lorsque les descendants de Richer de Belleval, créateur du Jardin des Plantes, en firent leur hôtel particulier. Puis, devenue pour quelques décennies le siège de la mairie de Montpellier, cette demeure était un dédale de couloirs et d’escaliers datant (au moins en partie) de l’époque la plus ancienne de son histoire. Au terme des travaux actuels, qu’en restera-t-il ?

Place de la canourgue en travaux

Sur la place de la Canourgue était la chapelle Sainte-Croix, détruite pendant les guerres de religion, dotée d’un fragment de la vraie croix ramené des Croisades par les Guilhem. La plupart d’entre eux dorment encore de leur dernier sommeil sous l’ancien chœur.

Enfin, le dernier château, celui que connurent Guilhem VIII, sa fille Marie de Montpellier et leurs successeurs les rois d’Aragon, s’élevait à l’emplacement du Palais de Justice d’aujourd’hui. Transformé une première fois sous Louis XIII après le siège de la ville en 1622 pour y accueillir la Cour des Comptes, Aydes et Finances, il le fut encore sous la Restauration pour devenir ce qu’il est de nos jours. Pourtant, quelques traces subsistent encore du vieux château : il s’agit d’un mur construit selon la tradition des architectes de Montpellier dans la seconde moitié du XIIe siècle, le célèbre opus monspelliensis caractérisé par une alternance d’assises de pierres posées à plat et de pierres posées de chant. Ce mur a résisté au temps !

Mur xiie s

 

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